Le Vide [d’image de soi] – épisode 1

Le Vide [d’image de soi] – épisode 1

Sculpture Albert Gyorgy

Derrière ce sentiment que l’on peut parfois éprouver, que se cache-t-il, qu’est-ce que le Vide… ?

Une de ses définitions est “qui ne contient rien de concret”, une autre dit “inoccupé par la matière”. Quoiqu’il en soit il ne s’agit pas là de ce Vide que l’on va rechercher quand on médite qui, bien que restant abyssal et mystérieux pour beaucoup qui le cherche, n’est pas à craindre.  
Non, je parle de celui qui draine, de ce Vide qui angoisse et qui renvoie à cette peur presque animal dont notre cerveau reptilien a gardé mémoire.
Et qui nous statufie.

Peut-on vraiment ne pas “être” à nos propres yeux, n’avoir rien de “concret” ou n’être en rien “habité” de quelques singularités, de quelques différences qui donnent au moins le change ?
Oui, il s’avère que c’est possible.
Ce peut être par moment, par intermittence, ou encore parce que la base de confiance et de réciprocité sur laquelle notre image s’est ancrée s’est subitement dérobée.

L’image que l’on a de soi s’établit dés l’enfance, et c’est le regard que porte sur nous nos parents qui nous donnent nos premiers pixels, nos premiers contrastes et nos couleurs de départ.
Nouveau-né(e), nous sommes déjà une personne qui a le droit à ce qu’on lui témoigne du  respect et de l’amour par des paroles, de l’empathie, de la compassion, tout cela exprimé concrètement. Et c’est cette énergie là qui amorce la pompe de l’estime que l’on peut avoir de sa personne, qui contribue à créer le sentiment d’appartenance qui nous donne “matière” et nous éloigne de ce Vide en nous renvoyant de l’écho.
C’est ce qui nous définit dans le monde des vivants parce que si on est vu, reconnu dans ce regard là, celui de nos parents ou de ceux qui en assume la charge, on n’est pas vain. On est pas … Vide[de soi].
Pas à ce point.

Cette conscience de ce qui nous a donné corps et consistance, avant même que l’on commence à se construire, il arrive parfois qu’on l’ait perdue ou qu’on ne s’en souvienne plus.
Ou bien encore que l’on réalise qu’on ne l’a pas eu, pas comme il aurait fallut, ou comme on l’aurait souhaité. L’acter est essentiel pour commencer à reculer du bord de la falaise et s’éloigner de ce Vide mortifère.
Cela permet également de prendre le champs nécessaire pour sortir du schéma répétitif, du cycle immuable qui peut nous conduire régulièrement à nous confronter bien malgré nous à ce Vide [d’image de soi] aux effets délétères et dont nombre de prédateurs, de pervers, abuse.

En astrologie, la Lune dite Noire renvoie souvent à cette notion de Vide, et le comprendre dans son thème donne, à défaut d’une clé magique, l’éclairage qui peut manquer pour que les contours de soi [ré]apparaissent… Cela peut être un biais bien pratique, qui donne une distance de sécurité acceptable si l’on ne souhaite pas s’engager d’emblée, ou pour le moment, sur les chemins plus formels d’une réflexion psy.

C’est en tout cas une opportunité d’entamer quelque chose, de ne plus rester passif, de s’opposer à l’inertie que le Vide impose… d’arrêter d’être “remplit” de ce qu’on ne veut pas quand on subit un Vide [d’image de soi].